D'ici ou d'ailleurs
Dans ma famille, on est des globe trotters. Ca a peut-être étonné du monde que Petite Soeur épouse l'Américain, mais moi, je n'ai pas trouvé ça aberrant. Rien d'étonnant pour moi à ce qu'on ramène, d'une façon ou d'une autre, un peu d'éxotisme dans cette famille de voyageurs dans l'âme.
D'ailleurs, j'aime ça moi, la mixité. J'ai l'impression de passer du coq à l'âne, mais en même temps, si personne n'avait voyagé par le passé, la France serait blanche et chrétienne, non? Donc, ce sont bien les voyages qui ont créé la mixité que j'aime en France. Et j'aime assez peu l'idée qu'il faille se fondre aux us et coutumes d'un pays pour s'y intégrer.

Et pourquoi je te parles de ça aujourd'hui? Tu te le demandes, j'en suis sure. C'est parce qu'en regardant le premier épisode d'un dîner presque parfait de cette semaine, je me suis dit que je serais sans doute une mauvaise candidate à cette émission.
Parce que moi, je serais tellement ravie de manger chez quelqu'un qui a d'autres origines et essaie de me faire partager la cuisine de ses ancêtres qu'il peut bien complètement rater son dîner, je serais incapable de lui mettre une mauvaise note.
OK, cette semaine d'un dîner presque parfait, c'est une excuse. En fait, depuis quelques temps, il semblerait que les spécialités culinaires régionales soient un sujet de conversation qui veut revenir régulièrement.
La fricadelle du Nord par une copine qui vient de là-bas et y retourne quelques jours en vacances.
La truffade Auvergnate qui a bercé mon enfance (et pas l'aligot, qui vient d'Aveyron... juste pour dire que des fois, dans un dîner presque parfait, ils sont pas au point sur les spécialités régionales).
La mique de Corrèze que je n'ai jamais goûtée alors que je vis ici depuis presque deux ans.
Ben oui, la mique (tu te moques pas du nom, hein) apparemment, c'est LA spécialité du coin. Ca se vend même dans les grands magasins. Mais moi, je me vois pas acheter ça comme ça et me la préparer (je sais même pas comment au juste en fait) toute seule chez moi. Ca n'a pas d'intérêt. Voire même, ce serait carrément un affront. J'imagine pas le coup de froid que ça me ferait d'apprendre qu'un Corrézien achète sa truffade toute faite (oui, ça existe, c'est du grand n'importe quoi, même pas je réchauffe une truffade que j'ai faite moi-même, mais ça existe) et se la fait en plateau télé.
C'est sacré! On fait pas n'importe quoi avec ma truffade, c'est tout. Alors je vais pas faire n'importe quoi avec leur mique.
N'empêche que ça m'intrigue de plus en plus cette histoire là. Il va bien falloir qu'un Corrézien pur sucre (même pas pur sucre, mais qui sache de quoi il parle quoi) ou une Corrézienne, je suis pas sexiste, m'invite à manger ce plat au nom bizarre.
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Bon, les amis, pour la dernière fois sur ce blog, j'utilise les mots "mon prof" pour parler de mon prof de théâtre. C'est la dernière fois. Je ne parlerai plus du tout de lui tant qu'on aura pas trouvé tous ensemble une autre façon de le nommer. Parce que c'est plus possible. Quoi. Zut.
Oui, oui, c'est une nouveauté le billet 2 en 1. J'aime bien. Ou pas.