A notre époque, passer par une période de chômage n'a rien d'extraordinaire, et dans tous les sens du terme. Parce que, non, c'est pas une situation extraordinairement géniale mais qu'en même temps, on passe à peu près tous par là au moins une fois. A moins bien sur d'être fonctionnaire. Et justement, ma famille fourmille de fonctionnaires.

Une ribambelle de fonctionnaires qui sont rentrés dès leur plus jeune âge, fraîchement sortis de l'école, sans jamais passer par la case ANPE. Si, si, à cette époque là, c'était encore l'ANPE, c'était pas encore le Pôle Emploi. Encore que là, en fait, je suis même pas sure que l'ANPE existait déjà, dumoins que ça s'appelait déjà l'ANPE.

Donc il va falloir qu'on m'explique. Qu'on m'explique pourquoi tous ces gens semblent si bien connaître les méandres d'une recherche d'emploi. C'est vrai quoi. Celui là ne comprend pas que je reste plus d'un mois sans bosser parce que quand on veut vraiment travailler, on trouve, même si c'est un boulot peu reluisant. Tel autre se demande bien pourquoi je ne me réinscrit pas à la fac. Un autre encore me presse à envoyer un CV dans les plus brefs délais pendant que j'engoisse sur la qualité de ma lettre de motivation. Cet autre pense que je devrais faire telle ou telle formation pendant que le dernier me vante les mérites des ateliers de l'ANPE.

Je demande à tous ceux qui sont passés par là : sans blague, le Pôle Emploi, des fois ils t'aident à trouver du travail? Pour de vrai? Non parce que moi j'y suis passée deux fois, les deux fois je me suis limite fait insulter parce que j'ai fait des études universitaires artistiques. Les deux fois on m'a regardé de travers en me demandant ce qui m'avait pris de faire ça et en cherchant à tout prix à se débarasser de mon cas délicat.

Tu peux me donner une bonne raison de vouloir y remettre les pieds pour des ateliers où apprendre à faire un CV ou une lettre de motivation?