Un seul jour de "coup de pouce" pour les excellentes troupes de théâtre que j'ai vues jouer ces derniers jours et je fais déjà une pause.

Mais bon, en même temps, c'est pas comme si je t'avais pas prévenu cher lecteur. C'est quand même pas comme si je vous en parlais pas depuis des jours semaines mois de ce film qui sortait aujourd'hui. Donc, comme tu t'en doute, j'ai courru à la première séance. J'aime bien la chanson "la dernière séance" mais j'attendais depuis déjà trop longtemps pour attendre la dernière séance.

Donc, à 11h ce matin, je m'engouffrais dans le cinéma, un peu angoissée à l'idée d'être à la bourre, d'avoir une mauvaise place et de râter le début. Je demande ma place, ne paye que 5€10 (c'est un bon plan en fait, la séance du matin, c'est moins cher, au prix ou est l'essence le cinéma en ce moment!) et j'entre dans la salle, précédée de près par un homme. On est quatre dans la salle (non, vraiment un bon plan la séance du matin décidément) et à moins que tu ne considèrent que les pubs avant le films sont déjà le début du film, je n'ai rien râté.

Je m'assoie donc confortablement dans un siège, au dernier rang centré (quand on a le choix hein, ça me change de quand j'ai voulu voir Titanic ou Matrix 2 le jour de la sortie). Et là, je prend une claque. Une énorme claque.

Ben si, 2h35 de claque, ça commence à être de la grosse claque quand même.

Déjà, Jacques a mis le paquet, nous plonge directement dans l'enfer de la prison. Jacques, c'est Jacques Audiard bien sûr, maintenant, je l'appelle par son petit nom, après le coup qu'il m'a fait ce matin, j'ai le droit non? Bref, il ne ménage pas ses effets, nous dévoile toutes les sortes de violences possibles dans cette situation.

Niels (Arestrup) est parfait dans son rôle de parrain de mafia Corse. Sans surprise, Niels, on le connais bien maintenant et on sait de quoi il est capable. Mais quand même, y a pas à dire, il est bon.

N'empêche qu'avec tout ça, la plus grosse claque (de 2h35 la claque, je te rappelle), c'est Tahar qui me l'a mise en pleine face. Tahar (Tahar Rahim, pour ceux qui n'ont vraiment rien suivi à ce blog), quand je l'ai connu, était l'un des garçons les plus gentils qu'il m'ait été donné de rencontrer dans ma vie (et des gens, j'en ai rencontré en 25 ans, tu peux me croire). Et d'après l'interview du sept à huit de dimanche dernier, ça n'a pas changé. Il a toujours ce grand sourire et ces yeux qui pétillent à vous faire fondre un iceberg...

French actor Tahar Rahim attends the A Prophet (Un prophete) Photocall held at the Palais Des Festivals during the 62nd International Cannes Film Festival on May 16, 2009 in Cannes, France. (Photo by Pascal Le Segretain/Getty Images) *** Local Caption *** Tahar Rahim

Mais dans Un prophète, le sourire a disparu, les traits sont tendus, le regard dur.

 Tahar Rahim, Jacques Audiard dans

Je pensais que ça me ferais bizarre de voir Tahar comme ça sur grand écran... Mais non, tout simplement parce que sur ce grand écran, Tahar n'était pas là. Il n'y avait que Malik.

Il faisait un peu froid dans cette salle, mais je suis restée vissée à mon fauteuil à la fin du film. Je suis ressortie de la salle, complètement sonnée, les yeux qui piquaient, sans vraiment sentir le soleil qui s'écrasait sur mes épaules. Il m'a fallut plusieurs minutes pour me reprendre, sortir pour de bon de cette salle.