Il paraît qu'il faut que je vous fasse un petit cours sur les coulisses. Ce qu'il se passe et que tu ne vois pas toi gentil spectateur. Ca fait parti des consignes qu'elle m'a laissé avec les clefs du blog.

Et moi je me suis dit : "et si je commençais par ce à quoi on pense le moins alors que sans, on ne verrait rien du tout". J'ai nommé les feux de la rampe.

Il est bien loin, le temps où les comédiens étaient éclairés par une rangée de bougies! Bien loin aussi le temps où la salle n'était pas plongée dans le noir pendant le spectacle. Ben si, ça a existé. Bon, en même temps, à cette époque là, on parlait plus dans la salle que sur scène, on venait avec son quart de poulet, bref, on venait là, comme dans un salon pour rencontrer du monde.

Depuis, on a inventé l'électricité, l'ampoule, tout ça. Et dans la foulée, on a inventé le projecteur. Ou devrais-je dire, LES projecteurs. Tu crois qu'il n'y a qu'une catégorie de projecteurs, mais ce serait trop simple.

Les pc par ci, les par par là, ça se découpe et ça se poursuit avec de la gélatine. Un bazar là dedans, je te racontes pas. Pire que les batailles de bouffe dans les maisons des émissions qu'elle m'oblige à me farcir de temps en temps.

Et puis, si ça permet des effets qu'on ne pouvait pas faire à la bougie, ça implique quand même qu'il faut passer par la case réglage. Etape qui prend un certain temps. Dans un théâtre "classique" c'est facile. Tu cales deux trois heures dans la journée pour que les techniciens règlent tout ça.

Mais quand on joue en extérieur, pas le choix, il faut attendre que la nuit soit tombée. Ce qui tombe plutôt mal (c'est le cas de le dire), c'est qu'il faut aussi attendre la fin de la répétition. Autrement dit, ça se termine tard dans la nuit. D'où les gros pulls dans sa valise, pour se la jouer star sous les sunlight au beau milieu de la nuit sous les regards blasés des gros bras qui grimpent aux échaffaudages pour tourner la tête les projecteurs. Oui, parce que la nuit là-bas, il fait froid, même en été.