Il parait qu'aux portes de la mort, quand notre dernière seconde est arrivée, on voit toute notre vie défiler.

Hier soir ne devait sûrement pas voir arriver ma dernière heure parce que ce que j'ai vu défiler quand ma voiture a commencé à glisser sur la neige. Non, j'ai vu nettement défiler le paysage, la route qui doucement (enfin, doucement, c'est façon de parler quand même) changeait de côté sur le pare brise, l'horizon fort heureusement dépourvu de voiture venant d'en face, le rétroviseur m'indiquant qu'aucune voiture ne venait derrière non plus, la route qui finallement se remettait à peu près à sa place (pas dans le même sens, mais c'est un détail), le fossé, le talut après le fossé contre lequel se poser doucement si possible.

Ne me demandez pas ce que j'ai fait de mes pieds et de mes mains. Freins, accélérateur, embrayage, volant, levier de vitesse, j'en sais absolument rien. Tout ce que je sais, c'est que Titine a terminé sa course, presque en place, dans le sens inverse, juste les roues arrières légèrement dans l'herbe.

Bon, elle était un peu choquée et elle s'est fait un peu prier pour redémarer, mais elle a fini par bien vouloir repartir pour terminer le voyage.

Par une autre route que celle prévue au départ par contre.